Quand les apprenant·e·s disent : « Nous aurions aimé… plus de temps »

formation petite enfance

Il est fréquent, à l’issue d’un module de formation petite enfance, d’entendre cette phrase : « Nous aurions aimé avoir encore plus de temps ». Ce constat peut être interprété de deux manières : soit le thème a captivé l’audience au point qu’elle souhaite aller plus loin, soit il indique un déséquilibre entre l’ambition pédagogique et le cadre temporel.

De notre expérience de formateur·trice dans le secteur de la petite enfance, c’est bien souvent la seconde hypothèse qui se révèle : le·la formateur·trice a souhaité transmettre beaucoup, sans toujours calibrer la teneur du contenu et l’animation au temps disponible.


Le défi : adapter le contenu au format

Dans le champ de la petite enfance, les formats de formation petite enfance sont parfois contraints : pour les assistantes maternelles, des sessions de 14 à 21 heures ; pour les équipes d’EAJE (établissements d’accueil du jeune enfant), des journées de 7 heures autour d’un thème unique.
Le·la formateur·trice doit donc :

  • identifier précisément le besoin (via un questionnaire de pré-proposition) ;
  • déterminer les objectifs pédagogiques pertinents ;
  • concevoir un déroulé adapté (séquences, temps, activités) ;
  • éviter de promettre « tout » et finir par survoler « beaucoup ».

Lorsque ce travail de cadrage est réalisé en amont, la phrase « nous aurions aimé plus de temps » se transforme souvent en « il pourrait être intéressant de poursuivre le sujet lors d’une seconde journée ».
Et ce choix de mots reflète une satisfaction de la première session, et non le sentiment d’avoir été « incomplet·e ».


Pourquoi la posture de la formatrice est déterminante

Le travail en amont ne suffit pas : la posture professionnelle de la formatrice joue un rôle majeur.
Une personne qui débute en formation petite enfance peut être tentée de « tout passer », par souci de bien faire. Or, ce type de sur-transmission peut entraîner :

  • une surcharge cognitive des apprenant·e·s ;
  • une frustration chez le·la formateur·trice qui ne peut pas mener tout son contenu ;
  • un sentiment d’imprécision ou de « débordement » dans l’animation.

À l’inverse, un formateur qui maîtrise son thème, a clarifié les prérequis, s’appuie sur le questionnaire de pré-proposition et respecte le cadre horaire, insuffle une dynamique sereine et professionnelle. Le déroulé devient fluide, l’animation engageante, chaque séquence porteuse de sens.


L’expérience, les chiffres et la pédagogie active

La recherche en sciences de l’éducation rappelle que sans stratégie de renforcement, la mémoire « oublie ».
Par exemple : en l’absence de renforcement, les apprenant(e)s peuvent oublier environ 70 % des nouvelles informations dans les 24 heures.
À l’inverse, des approches actives (discussions, cas pratiques, jeux de rôle) améliorent sensiblement la rétention.

De ce point de vue :

  • il vaut mieux aborder moins de points et les traiter en profondeur plutôt que multiplier les thèmes en « survol » ;
  • l’animation doit favoriser l’interaction, la mise en situation, la réflexion autonome ou en groupe ;
  • prévoir une potentielle seconde session traduit une logique de progression et de qualité.

6 clés pour une formation équilibrée

  1. Clarifier en amont : recueil des attentes, niveau des apprenant·e·s, contexte.
  2. Cibler les objectifs pédagogiques.
  3. Composer un déroulé équilibré : alternance d’apports, d’échanges, de pratiques.
  4. Prévoir des moments de réflexion et d’application terrain : c’est là que se construit la mémorisation.
  5. Anticiper et accepter : « Si nous restons sur ce thème aujourd’hui, nous pourrons le prolonger lors d’une deuxième journée ».
  6. Adopter une posture claire, calme, bienveillante et professionnelle : transmettre son expertise tout en laissant vivre l’animation.

Quand “manque de temps” signifie “déséquilibre”

Cette phrase « nous aurions aimé plus de temps » peut être un signal d’envie, certes, mais aussi parfois un symptôme d’un déséquilibre entre ambition et cadre.
En tant que formateur, réussir la session, c’est respecter le temps imparti, délivrer ce qui est annoncé, engager les apprenant·e·s dans la réflexion et la pratique, et ouvrir la possibilité d’un approfondissement sans que cela ne traduise un déficit.


La démarche Les P’tits Sages

Chez Les P’tits Sages, nous attachons une importance particulière à cette articulation : formation bien pensée, animation active, qualité de l’accompagnement. Cela contribue à ce que les apprenantes sortent non seulement satisfaites, mais réellement outillées pour leur pratique.

Pour les professionnel·le·s qui souhaitent aller plus loin dans la conception de séquences efficaces et adaptées aux formats courts, il existe des parcours dédiés pour structurer ses contenus, renforcer sa posture et gagner en fluidité dans l’animation.

Découvrez notre formation certifiante : concevoir, évaluer et animer une action de formation.

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