Un an après la publication du référentiel national de la qualité d’accueil du jeune enfant, un nouveau document vient compléter les repères des professionnels de la petite enfance. Publié en septembre 2026, le Socle national de connaissances et de savoir-faire communs des professionnels de la petite enfance précise les compétences utiles pour comprendre et mettre en œuvre les pratiques de qualité.
Il s’adresse aux professionnels des établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE), aux assistants maternels exerçant à domicile, en maison d’assistants maternels (MAM) ou en crèche familiale, ainsi qu’aux auxiliaires parentaux au domicile des familles. Nous avons pris le temps de le lire à la lumière du référentiel de 2025. Voici ce que nous en retenons, et surtout ce qu’il peut apporter au quotidien.
Référentiel qualité 2025 et socle national 2026 : comment les lire ensemble ?
Le référentiel national de la qualité d’accueil du jeune enfant publié en 2025 décrit les pratiques qui contribuent à la qualité de l’accueil : la relation avec l’enfant, l’accompagnement des parents et les conditions dans lesquelles les professionnels exercent leur métier.
Le socle national de connaissances et de savoir-faire publié en septembre 2026 a été élaboré en complément. Il recense les connaissances et savoir-faire attendus pour s’approprier ces pratiques et les mettre en œuvre, quels que soient le diplôme initial, la filière de formation ou le lieu d’exercice.
La distinction est utile : une pratique de qualité ne repose pas uniquement sur une consigne à appliquer. Elle demande de comprendre le développement de l’enfant, d’observer une situation, de dialoguer avec sa famille et d’ajuster son accompagnement. Le socle rend ces compétences plus visibles. Il distingue également, lorsque c’est nécessaire, les attendus propres aux assistants maternels, aux fonctions de coordination éducative et aux directions.
Ce que le socle dit des compétences du quotidien
Observer l’enfant pour ajuster son accueil
Le document aborde le développement affectif, moteur, cognitif, langagier et social du jeune enfant. Il invite aussi les professionnels à prendre du recul sur certaines idées reçues et à s’appuyer sur une démarche d’observation.
Sur le terrain, observer peut vouloir dire remarquer ce qui aide un enfant à entrer dans le jeu, ce qui rend une transition difficile ou ce qui le rassure au moment de la séparation. Ces observations permettent d’ajuster l’accueil et d’en parler avec les parents. Elles ne remplacent pas un diagnostic médical : le socle distingue explicitement le repérage d’un écart de développement du diagnostic.
Pour approfondir cette posture, notre formation La démarche d’observation auprès de l’enfant travaille les méthodes d’observation et le partage des constats avec les familles et les autres professionnels.
Construire une relation de confiance avec les familles
Accueillir un enfant, c’est aussi accueillir sa famille, son histoire et ses habitudes. Le socle insiste sur l’écoute active, l’empathie, le non-jugement, la diversité des modèles familiaux et la recherche d’une alliance éducative avec les parents.
Cela prend tout son sens lorsque les choix éducatifs d’une famille interrogent l’équipe ou l’assistant maternel. Il faut pouvoir expliquer ses pratiques, entendre les attentes des parents et garder les besoins de l’enfant au centre de l’échange. Le texte prévoit aussi de savoir communiquer sans jugement lorsque certaines pratiques parentales sont contraires aux orientations des cadres nationaux.
Ces situations peuvent se travailler en formation, à partir d’exemples vécus. C’est notamment l’objet de Communication interpersonnelle : favoriser les relations avec les familles et de S’inscrire dans une démarche d’accompagnement personnalisé de l’enfant et travailler en collaboration.
Accueillir les différences sans rester seul
Le socle consacre une partie au repérage des écarts de développement et à l’accueil des enfants en situation de handicap. Il demande de connaître les principes de l’inclusion, d’adapter l’accueil, de valoriser les compétences de l’enfant et de savoir mobiliser les ressources du territoire.
Là encore, le repère est clair : les professionnels de l’accueil peuvent observer et contribuer au repérage, mais ne posent pas de diagnostic médical. Ils ont besoin de pouvoir échanger avec les parents et de s’appuyer sur les professionnels compétents. Notre formation Comprendre le handicap pour mieux accompagner l’enfant permet de travailler ces questions d’accueil inclusif.
La qualité de l’accueil dépend aussi des conditions de travail
C’est un point qui nous paraît essentiel. Le socle ne se limite pas à ce que chaque professionnel fait auprès de l’enfant. Il traite aussi du travail collectif, du partage des observations, de l’analyse des pratiques professionnelles, de la prévention des risques psychosociaux et de l’épuisement. Pour les fonctions de direction, il mentionne notamment l’organisation de temps d’échange et d’analyse des pratiques, ainsi qu’une démarche d’amélioration de la qualité de vie et des conditions de travail.
Il serait difficile de demander aux professionnels d’être toujours disponibles, attentifs et ajustés sans leur donner des espaces pour réfléchir à ce qu’ils vivent. Les temps d’échange, la formation et la possibilité de demander de l’aide font partie des moyens de soutenir les pratiques. En accueil individuel aussi, identifier ses ressources et rencontrer d’autres professionnels peut aider à ne pas rester seul face à une situation difficile.
La formation Prendre soin de soi et prévenir l’épuisement professionnel ouvre un espace pour travailler cette dimension du métier. Sur les questions de posture auprès des enfants, Favoriser la bientraitance et prévenir les violences éducatives ordinaires permet également de questionner les habitudes et d’ajuster les pratiques.
Comment utiliser ce socle pour choisir une formation petite enfance ?
Le document peut servir de point de départ à une discussion en équipe, lors d’une journée pédagogique ou dans un parcours individuel de formation. Par exemple, à partir d’une situation réellement rencontrée :
- Décrire ce qui s’est passé, sans commencer par juger l’enfant, sa famille ou le professionnel.
- Repérer les connaissances et savoir-faire mobilisés : développement de l’enfant, observation, communication, organisation, coopération.
- Identifier ce qui manque pour avancer : un apport de connaissances, un outil concret, un échange entre pairs ou l’appui d’un partenaire.
- Choisir une suite adaptée : formation, analyse des pratiques, ajustement du projet d’accueil ou travail d’équipe.
Cette démarche permet de relier un texte national à la réalité de chaque lieu d’accueil. Le socle peut orienter les plans de développement des compétences des employeurs et nourrir les programmes de formation initiale et continue. Il ne signifie pas que tous les professionnels doivent suivre les mêmes formations ni qu’une formation, à elle seule, résout une difficulté d’organisation.
Chez les P’tits Sages, c’est ainsi que nous souhaitons le faire vivre : partir des situations que vous rencontrez, mieux comprendre ce qui se joue pour l’enfant et sa famille, puis chercher ensemble des façons d’agir qui aient du sens dans votre contexte professionnel.
Questions fréquentes sur le socle national petite enfance 2026
Le socle national 2026 remplace-t-il le référentiel qualité de 2025 ?
Non. Le ministère indique qu’il a été élaboré en complément du référentiel national de la qualité d’accueil du jeune enfant. Le socle détaille les connaissances et savoir-faire nécessaires à l’appropriation et à la mise en œuvre des pratiques décrites dans le référentiel.
À quels professionnels s’adresse-t-il ?
Aux professionnels exerçant en EAJE, aux assistants maternels à domicile, en MAM ou en crèche familiale, et aux auxiliaires parentaux qui interviennent au domicile des parents. Certaines rubriques précisent des attendus propres à un métier ou à une fonction.
Le socle crée-t-il une nouvelle obligation de certification ?
Le document se présente comme non opposable. Il fournit des repères aux professionnels et aux services qui les accompagnent. Il peut orienter les employeurs dans leurs plans de développement des compétences et contribuer à la construction des formations ; il n’instaure pas, par lui-même, une nouvelle certification pour chaque professionnel.
Sources officielles
- Ministère chargé des Solidarités, Référentiel national de la qualité d’accueil du jeune enfant, avril 2025.
- Ministère chargé des Solidarités, Socle national de connaissances et de savoir-faire communs des professionnels de la petite enfance, septembre 2026, mis en ligne sur la page ministérielle Mode d’accueil du jeune enfant : outils et ressources, mise à jour le 21 septembre 2026






