L’alimentation de la femme enceinte, du projet à la bonne nouvelle !

Vous prévoyez d’avoir un enfant ou faites tout pour en avoir un ? Sachez que l’alimentation de la femme enceinte, du projet à la bonne nouvelle, joue un grand rôle dans la réussite de votre projet. 

En effet, dès les premiers jours de la grossesse, le fœtus va puiser l’énergie et les nutriments nécessaires à son développement directement dans votre organisme ce qui fait que vous pourriez mettre plusieurs mois pour vous reconstituer des réserves satisfaisantes en minéraux et en vitamines. Il faut à ce sujet noter que vos hormones sexuelles (œstrogènes, progestérone) proviennent de la dégradation du cholestérol et qu’en cela, votre future grossesse dépend, notamment, du contenu de votre assiette.

Pour autant, vous n’avez pas besoin de modifier en profondeur votre alimentation et de manger 2 fois plus mais surtout 2 fois mieux. La prise de poids pendant la grossesse sera progressive jusqu’a 2 kg par semaine en fin de grossesse et le besoin en nutriments essentiels pour vous et votre bébé devra suivre votre grossesse. Ainsi, le simple fait de consommer des épices, des aromates et de nombreux légumes développera la palais et la flore intestinale de votre futur bébé via l’ingestion du liquide amniotique.

Les apports essentiels

Spécifiquement, vous devez augmenter vos apports en acide folique (Vitamine B9) en amont de votre grossesse, et peut être en fer et en iode au cours de votre grossesse en fonction des taux relevés lors des prises de sang. De bons apports sont essentiels à un bon développement de votre fœtus et de fortes carences en acide folique par exemple peuvent entrainer des malformations graves, à savoir des anomalies de fermeture du tube neural (AFTN). Ces nutriments, insuffisament présents généralement dans l’alimentation de la femme, doivent donc parfois faire l’objet de suppléments. Parlez-en à votre médecin dès votre projet de grossesse.

Sachez que la baisse de vos niveaux de fer (plasmatique) est une réaction normale de votre organisme à l’arrivée de votre enfant, une sorte d’adaptation. En effet, pendant la grossesse, votre système immunitaire diminue son activité afin de ne pas mettre le fœtus en danger qu’il considère alors comme un « intrus » dans le corps. Vous devez donc vérifier ces niveaux avant la conception pour évaluer si une suppléments seront nécessaire. Dans tout les cas, un régime plus riche en fer sera donc nécessaire (abusez des herbes aromatiques, des épices douces et des aromates). Notez enfin que le simple fait de manger une orange ou un kiwi après votre repas augmente l’absorption du fer mais que votre intestin augmente l’absorption du fer pendant la grossesse.

Si vous prévoyez d’accoucher au printemps, un complément de Vitamine D3 sera également à envisager pour améliorer la capacité de votre intestin à absorber le calcium, minéral essentiel au développement du squelette de votre bébé. Privilégiez les aliments riches en calcium comme le fromage de chèvre sec, l’ail, le parmesan, la sarriette ou le basilic par exemple. Aucun supplément en calcium n’est nécessaire (à l’exception des cas pathologiques de malabsorption). Notez que de bons taux de vitamine D s’avère encore plus indispensable dans le cas d’une FIV. Dans tout les cas, exposez votre corps chaque jour quelques minutes au soleil lors des beaux jours pour augmenter vos niveaux de vitamine D.

Les risques de contamination

Pendant les 3 premiers mois de votre grossesse, vous éprouverez probablement de l’aversion pour certains aliments que vous adorez le reste du temps ainsi que des nausées. Cette réaction d’adaptation est tout à fait normale car votre organisme se protège des bactéries, des parasites et des toxines que l’on trouve dans l’alimentation.

Vous devez principalement vous méfier de la listéria (entrainant la listériose) et du toxoplasme (entrainant la toxoplasmose). Les règles de prudence pour éviter ces deux dangers sont pratiquement les mêmes : très bien laver les fruits et les légumes mangés crus, cuire à cœur viande et poisson, éviter les fromages à croûte lavée ou au lait cru, les poissons fumés et les charcuteries non pré-emballées (listeria). Évitez de toucher la litière de votre chat ou si vous devez le faire, changez-là tous les jours et lavez-vous les mains après (toxoplasmose). Les fromages à pâte molle au lait cru sont la principale source de listeria. Elle peut entrainer une fausse couche dès le premier trimestre de la grossesse.

Privilégiez les aliments à index glycémique bas

L’index glycémique permet de comparer des portions d’aliments qui renferment le même poids de glucide en fonction de leur capacité à élever le taux de sucre dans le sang (glycémie). Il indique à quelle vitesse le glucose d’un aliment se retrouve dans le sang. Sa référence (l’IG maximum est le glucose avec 100).

En dessous de 55 on parle d’IG bas, entre 55 et 70 d’IG modéré et au-dessus de 70 d’IG élevé

La pomme de terre ou la baguette ont des IG élevés. La patate douce ou les petits poids ont des IG bas.

Un grand nombre d’études valident aujourd’hui que les futures maman souffrant d’un diabète de type 2, d’obésité ou d’une surcharge pondérale importante et de manière générale, consommant des aliments ayant un idex glycémique élevés augmentent significativement le risque de malformations congénitales (encéphalocèle (hernie du cerveau), hernie diaphragmatique congénitale, malformations des intestins, malformations du duodénum et malformations cardiaques) à la naissance.

Arrêtez le café, l’alcool et… le tabac

Même si aujourd’hui il n’existe pas de preuves formelles des dangers de la caféine sur le fœtus, il est recommandé aux futures maman de freiner leur consommation en amont de la grossesse pour pouvoir l’arrêter pendant la grossesse. La consommation de café augmenterait le risque de fausses couches.

Quant à l’alcool, ne vous méprenez pas. Il est responsable d’un grand nombre de retards mentaux, de malformations, de troubles de la vision, de retard de la croissance chez le bébé. L’alcool que vous buvez est également consommé par le bébé mais à un niveau beaucoup plus élevé. Arrêtez totalement l’alcool dès votre projet de naissance (arrêt de la contraception).

Même chose pour le tabac. Son impact sur le développement du fœtus est colossal ainsi que sur les risques de fausses couche. SI vous ne pouvez pas vous arrêter de fumer au moment de votre projet d’enfant, reportez-le. Lorsque vous arrêtez de fumer, augmentez votre consommation de fruits et légumes parallèlement.

Faites le ménage chez vous

Tout comme les phtalates et le Bisphénol A, soupçonnés de favoriser l’autisme et les troubles neurologiques, une trop grande exposition aux produits chimiques (plomb, mercure, pesticides, amines hétérocycliques) et aux perturbateurs endocriniens augmenterait donc le risque de complications à la naissance et amplifierai la survenue de maladie neurodégénératives. Pour votre bébé, la qualité de votre environnement de vie est donc tout aussi essentielle que la qualité des aliments consommés.

Attention aux AINS

L’utilisation d’Anti-inflamatoire non stéroidiens pendant plusieurs jours, et en particulier le Diclofénac, le Naproxène et l’Eroricoxib entrainerait une diminution des taux de progestérone et empêcherait donc l’ovulation et gênerait la nidation. Cela à pour conséquence une augmentation des fausses couches. Vérifiez avec votre médecin si des alternatives moins agressives et surtout compatibles avec votre grossesse existent.

En conclusion

Vous l’aurez compris, votre projet de parentalité va un peu au delà de considérations éducatives, budgétaires et organisationnelles. Vous devez également mettre en place les meilleures conditions pour que votre bébé se développe et grandisse sereinement au cours des prochains mois.

Vous devrez adapter non seulement quelque peu votre mode alimentaire pour lui apporter tout les nutriments dont il à besoin mais également veiller à ce que votre environnement direct soit exempt de polluants et toxiques. Vous trouverez sur internet de nombreuses idées DIY pour remplacer vos produits ménagers par des alternatives saines et écologiques.

Enfin, n’oubliez pas que le bien-être et la sérénité jouent un rôle majeur pour une grossesse épanouie et sereine. Avant de mettre en place votre projet, faite une cure intense d’épicurisme et profitez du fait de ne pas être enceinte car même si nous pouvons vous garantir que vous aurez beaucoup d’émotions et de plaisirs totalement inédits pendant votre grossesse, cela se fera au prix de quelques sacrifices temporaires mais essentiels pour votre bébé.

 Sources
  • Samantha E. Parker, Martha M. Werler, Gary M. Shaw, Marlene Anderka, Mahsa M. Yazdy, National Birth Defects Prevention Study. Dietary Glycemic Index and the Risk of Birth Defects Am. J. Epidemiol. (2012) 176(12): 1110-1120 first published online November 21, 2012 doi:10.1093/aje/kws201
  • (2) Djurkovic-Djakovic O.: “Toxoplasma infection and pathological outcome of pregnancy.” Gynecol Obstet Invest. 1995;40(1):36-41.
  • http://inpes.santepubliquefrance.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1060.pdf
  • http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/nda100326
  • Botto LD, Krikov S, Carmichael SL, Munger RG, Shaw GM, Feldkamp ML; National Birth Defects Prevention Study. Lower rate of selected congenital heart defects with better maternal diet quality: a population-based study. Arch Dis Child Fetal Neonatal Ed. 2015 Aug 24. pii: fetalneonatal-2014-308013. doi: 10.1136/archdischild-2014-308013.
  • Landrigan P, Lambertini L, Birnbaum L, A Research Strategy to Discover the Environmental Causes of Autism and Neurodevelopmental Disabilities. Environ Health Perspect. 2012. doi:10.1289/ehp.1104285
Par |2018-05-02T12:24:07+00:0029 avril 2018|Catégories: Alimentation & Cuisine|Mots clés: , , |0 commentaire

A propos du rédacteur:

Andréas est Nutrithérapeute de formation, Spécialiste de la Nutrition pédiatrique. Il vous apporte sa connaissance et son approche d'une alimentation holistique, saine et vivante pour vous et vos enfants. Retrouvez tout ses conseils sur sa page Facebook (@Nutritik)

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